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#1 07 Feb 2019 15:57

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

[Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

UNE DENT POUR CHAQUE BAISER

Le premier roleplay solo joué avec Bois-Saule pour une histoire de romances impossibles et noires

Le jeu : Bois-Saule, jeu de rĂŽle pour errer dans les tĂ©nĂšbres sauvages de la forĂȘt de Millevaux


Avertissement : j'aborde des sujets assez sensibles dans ce roleplay solo, autour de l'aphrodisme, du handicap, de la romance et de la sensualitĂ© au fĂ©minin, et des diffĂ©rences en terme corporel et en terme d'attirance. J'ai prĂ©vu de jouer avec sincĂ©ritĂ©, avec un attachement pour mon personnage, et avec respect pour les personnes qui pourraient se sentir concernĂ©es par les problĂ©matiques abordĂ©es. NĂ©anmoins, si jamais vous sentez une gĂȘne Ă  la lecture du contenu, je suis Ă  l'Ă©coute de mes remarques sur comment opĂ©rer un traitement qui soit des plus respectueux.


Aujourd'hui : la création de personnage

1. L'album d'inspiration

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Null & Void, par 0, du black metal dĂ©pressif cristallin et mĂ©lodique pour la plainte Ă©ternelle d'un corbeau dans la tempĂȘte.

2. Mon destin fatal

Une personne en trompe une autre avec un animal de la forĂȘt.

3. Chasser et se faire chasser

Je suis prise en chasse par une ancienne amante à qui j'ai brisé le coeur.

Je suis en chasse de personnes Ă  aimer

4. Une question et une certitude

Ma question : Ai-je commis une faute par le passé qui explique ma condition ?

Ma certitude : Plus personne ne pourra m'aimer depuis que j'ai perdu mes dents

5. Une croyance

J'ai une sorte d'aura qui attire les personnes aimables à moi, mais aujourd'hui, je ne suis plus sûre de pouvoir les séduire une fois qu'elles sont là.

6. Une vertu et une vice

Ma vertu : je suis prĂȘte Ă  me donner corps et Ăąme.

Mon vice : mon amertume peut me pousser à commettre des choses désastreuses.

7. Un souvenir qui me hante

Un baiser Ă©changĂ© avec une stryge (crĂ©ature avec une tĂȘte de corbeau)

8. Ma quĂȘte

Trouver une Ăąme-soeur

9. Mes deux symboles

Les dents ; la beauté

10. Qui m'accompagne

Je suis au sein d'une enclave humaine réduite

11. Ma description

beauté fanée, joues creuses depuis la perte de mes dents

12. Le commencement

C'Ă©tait depuis des jours que la caravane progressait Ă  travers la forĂȘt. Noire. Humide.

C'Ă©tait une belle histoire que j'avais entamĂ©e avec Silence. Son beau visage muet m'apaisait. Je ne pensais presque plus Ă  SĂ©rĂšne, que j'avais blessĂ©e et abandonnĂ©e sur le chemin. Je ne pensais presque plus aux sentiments que j'avais pour elle, ni aux raisons qui m'ont poussĂ©e Ă  la laisser. Je ne pensais presque plus avec ce baiser furtif Ă©changĂ© avec la stryge, Ă  son corps au torse nu, Ă  sa tĂȘte de corbeau, Ă  mes lĂšvres et mon visage enfouis dans son bec, Ă  la recherche d'une langue, ni aux frissons qui me parcourent quand j'y repense.

Je ne pensais plus à tout ça quand je suis allé chercher de l'eau dans ce vieux puits au pied de cet orme gibbeux et pansu.

Je ne sais pas comment je me suis assoupie ni comment j'ai réussi à me réveiller. Je vois juste le seau par terre, et le bruit qui monte du puits, et la terre noire et huileuse de toute cette eau. Je vois mon visage dans toutes ces flaques et je ne me trouve plus si belle qu'avant.

Je vois ce qui flotte dans les flaques, et je ramasse ces choses. J'ai perdu toutes mes dents.

Je me regarde dans l'eau du puits, et je ne me reconnais plus !

Silence ne pourra plus jamais me regarder, j'en suis persuadée.

Alors je rentre dans ma roulotte en me faisant discrĂšte. J'entends les gens de la caravane parler dans leur langage de pierre. Et je fais mon baluchon.


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Hors ligne

#2 08 Feb 2019 15:12

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

Huit de Merdier

Contexte

Le lieu : un lieu sacré OK

Le moment : la nuit OK

Le climat : une tempĂȘte OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : la soif OK

Inspirations

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour : les horlas ou les créatures OK

L'historiette du jour : "Pile je mange le truc noir, face je peux boire la boue. On fait comme ça ?" OK

Le détail forestier du jour : Chauve-Souris OK

Le coeur de la journée

L'album du jour :

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Liminoid Lifeforms, par Aidan Baker, ambient, post-rock et orchestre de chambre pour une nuit sans lune, sans fin et sans but sous la caresse des branches.

Ce qui m'attend :

Quand j'ai fait mon baluchon, je me suis attendue Ă  ce que Silence pĂ©nĂštre dans ma roulotte pour m'en empĂȘcher. Et que je l'ai embrassĂ© avant qu'il ne puisse voir mon visage, que j'ai cachĂ© sous mes cheveux dĂšs qu'il a ouvert la porte. J'ai passĂ© ma langue sur son palais avec dĂ©lice. Silence n'a pas de langue et j'avoue que c'est une sensation incomparable. Curieusement, j'ai atttendu qu'il passe sa langue sur mes gencives Ă  nu [symbole = dents] et ce n'est pas arrivĂ©, ça ne pouvait pas arriver. AprĂšs je me suis attendue Ă  fuir en courant au milieu des arbres noirs et trempĂ©s, et d'Ă©chouer dans un lieu sacrĂ© d'un culte inconnu, oĂč je n'allais peut-ĂȘtre pas trouver de rĂ©confort mais des rĂ©ponses.

Mon aventure :

[Le tirage donne : PĂ©ripĂ©tie / Une interaction sociale Ă©pineuse avec un ĂȘtre sentient]

C'Ă©tait la nuit noire et profonde d'un monde qui semblait ne plus jamais connaĂźtre le jour. [moment = nuit]. J'avais couru Ă  perdre haleine sans m'arrĂȘter, pour que ni Silence ni les autres nomades ne retrouvent ma trace, et j'espĂ©rais de tout coeur que derriĂšre moi la boue ait avalĂ© mes traces. Je tournais autour de moi, dĂ©sorientĂ©e. Un temple [lieu = lieu sacrĂ©] aux colonnes de bois rugueux, des baches plastiques qui claquent au vent, d'autres gonflĂ©es par les trombes d'eau qui crĂšvent Ă  intervalle rĂ©guliers, dĂ©versant le pus de la tempĂȘte [climat = tempĂȘte].

Je n'avais jamais vu, de moins de mĂ©moire d'oublieuse, un tel Ă©difice, et je frĂ©mis Ă  l'idĂ©e que ce n'Ă©tait pas une construction humaine. Qui donc avait pu Ă©riger en plein milieu de la forĂȘt un tel monument de bric et de broc aux fonctions obscures ? Mais je devais m'abriter, j'Ă©tais trempĂ©e et transie. Alors je me suis enfoncĂ©e sous les baches. Des ficelles et des lianes pendaient de partout, avec des pattes et des griffes accrochĂ©es Ă  leurs extrĂ©mitĂ©s, qui s'entrechoquaient et s'emmĂȘlaient Ă  mes cheveux. Un systĂšme de rigoles dans les baches dĂ©versait de l'eau dans un bidon de plastique au milieu. Et, sans doute ai-je eu tort, j'ai bu au filet de cette eau car elle me semblait pure, comme filtrĂ©e. Elle avait un drĂŽle de goĂ»t, comme un goĂ»t de culpabilitĂ©. Et j'ai lĂ©chĂ© mes gencives pour en enlever le goĂ»t, mais ça ne partait pas. J'ai machinalement sorti mes dents de ma poche, et j'ai pris certaines des ficelles pour m'en faire un collier.

C'est alors que cette chose est entrée au coeur du temple, me faisant sursauter. Elle s'était enfilée dans le dédale des bùches et je ne l'avais ni vu, ni senti arriver.

Elle se tenait debout et drapait ses grandes ailes noires et membraneuses sur sa gueule, de sorte que je ne savais à quoi elle ressemblait. Son torse était un amas de plastique et de poils, et elle sentait le mazout, une odeur si forte qu'elle me faisait chavirer. [élément de millevaux = horlas et créatures] [Détail forestier = chauve-souris]

Et elle m'a demandé ce que je faisais dans ce temple sacré et pourquoi j'avais osé boire à la coupe de l'eau.

J'ai dit que j'Ă©tais dĂ©solĂ©e, je reculais, j'avais trĂšs peur et en mĂȘme temps cette crĂ©ature me fascinait. Elle me rappelait de façon lancinante ma rencontre avec la stryge et notre baiser interdit.

Elle m'a dit d'une voix caverneuse pleine de malice que puisque j'avais profané ce temple, je devais expier. Elle a ouvert une de ses griffes et de la boue en a jailli. Elle a ouvert une autre griffe et une chose noire comme de la terre vivante avec sa faune à l'intérieur en a sorti. Elle voulait que je boive l'une ou que je mange l'autre. [L'historiette du jour = Pile je mange le truc noir, face je peux boire la boue. On fait comme ça ?]

Je voudrais tellement que cette chose-souris me laisse partir sans que j'ai Ă  goĂ»ter l'une ou l'autre de ces immondes nourritures ! [J'ai senti que si je mangeais la terre noire, ce serait la pire chose Ă  faire. Comme si une sorte de terreau de cimetiĂšre allait germer dans mon ventre, que je deviendrais une morte-vivante. Alors, je serais acceptĂ©e parmi les horlas, mais sans doute perdrais-je Ă  jamais la confiance des humains. Quant Ă  la boue, je pense que ça ne me ferait rien sur le coup, mais je crains des consĂ©quences Ă  long terme. [DĂ©finis Ă©galement ce qui va se passer si tu n’atteins pas ton but. Ceci a des consĂ©quences nĂ©gatives mais il se pourrait aussi que ce soit un mal pour un bien.]

Je touche les ailes membraneuses du horla, elles sont Ă©tonnamment douces. "PitiĂ©, j'ignorais que j'enfreignais un tabou, je suis seule, perdu et dĂ©sorientĂ©e. J'implore votre clĂ©mence." J'ai passĂ© mes bras sous ses ailes, et j'ai senti un corps qui grouillait dessous, qui Ă©tait trĂšs chaud, et l'espace d'un instant je me suis complĂštement abandonnĂ©e, comme si j'avais le fol espoir que cette Ă©treinte puisse dĂ©boucher vers une fin heureuse [Je lance le dĂ© pour atteindre mon but, avec un bonus de 1 pour ma quĂȘte : "trouver l'Ăąme soeur", car j'entrevois la possibilitĂ© d'avoir une romance avec cette crĂ©ature]

Alors la chose a laissĂ© tomber la boue et la terre. Elle a agrippĂ© mes flancs avec ces griffes et glissĂ© ma tĂȘte sous ses ailes, et j'en embrassĂ© son visage, sans que je puisse voir Ă  quoi il pouvait bien ressemblĂ©, j'ai seulement senti autour de ma langue et contre mes joues des surfaces qui n'Ă©taient pas humaines, et une haleine de plastique fondu. [rĂ©sultat 6 = j'Ă©chappe au choix mortel et j'obtiens un avantage inespĂ©rĂ© = la chose est attirĂ©e par moi]

Nous tombons Ă  genoux et une bĂąche crĂšve, nous inondant de la marĂ©e de la tempĂȘte, et sous cette cascade d'eau colĂ©rique, nous nous embrassons encore, et j'oublie, sans doute un peu trop longtemps, le froid, le deuil de ma communautĂ©, le deuil de l'amour et la peur. [scĂšne de rĂ©confort]

Alors, la bĂȘte me pousse et je me laisse faire, et je bascule contre le bidon, et nous tombons tous les deux, et le bidon dĂ©verse sur nous toute son eau, et aussi ce qu'il contenait [Fin de la journĂ©e : un coup de thĂ©Ăątre] :

une tĂȘte ruisselante

celle de Silence


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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Hors ligne

#3 09 Feb 2019 10:13

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

NEUF DE MERDIER

Le contexte

Le lieu : une vision de ton destin fatal OK

Le moment : la nuit OK

Le climat : un orage OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : un trouble mental OK


Inspirations

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour : L'oubli ou la mémoire OK

L'historiette du jour : Il porte dans sa gueule torve le fruit de nos péchés. C'est trÚs désagréable à
regarder mon ami hein ? OK

Le détail forestier : bécasse / moineau OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album du jour

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Arrow and Orb, par Bad Braids, un chant féminin folk, intime et wiccan.

Ce qui m'attend

Je pense que j'ai dĂ» m'enfuir, et j'ignore pourquoi, la chose-souris m'a laissĂ©e faire. J'ai couru dans les champs de ronces dĂ©trempĂ©es et mollies par l'orage, et la nuit suivante [moment = la nuit] j'ai vu les Ă©clairs d'orages blanchir la forĂȘt, et la pluie se dĂ©verser en trombes comme si le monde entier Ă©tait furieux contre moi [climat = orage]. Je pense que j'ai dĂ» perdre, sinon connaissance, du moins conscience, dans la majeure partie des heures qui ont suivi ma fuite. J'avais des flashes oĂč je me voyais Ă  un endroit puis Ă  un autre [Ce qui me tiraille = un trouble mental], et enfin j'ai dĂ» arriver Ă  cet endroit qui n'est pas vraiment un endroit, mais plutĂŽt un futur que je redoute.

Celui oĂč je suis de nouveau avec SĂ©rĂšne, celui oĂč cette fois-ci c'est elle qui va me faire du mal.

Mon aventure

[le tirage donne une péripétie = Un événement inattendu]

J'ignore par quel trĂ©sor de pardon de sa part ou par quel effort de culpabilitĂ© de la mienne, SĂ©rĂšne s'est remise avec moi, et j'ignore ce que nous tenons comme chose dans les bras. J'ai vraiment du mal Ă  percevoir sa tĂȘte sur mon Ă©paule comme sincĂšre, et le calme dans la forĂȘt qui nous entoure est trop beau pour ĂȘtre honnĂȘte.

Et voilĂ  que je reviens Ă  notre campement avec du bois mort, le bois me dĂ©chire les mains, et cette douleur rend ce futur bien plus prĂ©sent que je ne voudrais. J'ai dĂ» revenir plus tĂŽt que prĂ©vu car je n'Ă©tais pas censĂ©e voir ce que j'ai vu. SĂ©rĂšne et la crĂ©ature Ă  tĂȘte de corbeau, bouche Ă  bec. [Le lieu = une vision de mon destin fatal = Une personne en trompe une autre avec un animal de la forĂȘt.]

J'ai crié, j'ai crié d'effroi et de jalousie et en tombant à mes pieds le bois mort a fait comme un bruit de parpaings. J'ai dû comme vriller la réalité car j'ai sombré, comme si l'humus s'effondrait sous mes pieds, comme un vortex de feuilles mortes et de racines puantes, et maintenant j'étais allongée, percluse de douleurs, et SérÚne tenait dans ses bras une chose vivante qui venait de naßtre. [Péripétie = un événement inattendu] [Historiette du jour = Il porte dans sa gueule torve le fruit de nos péchés. C'est trÚs désagréable à
regarder mon ami hein ?].

Un bĂ©bĂ©. Un bĂ©bĂ© Ă  tĂȘte de bĂ©casse. Il s'est tournĂ© vers moi, couvert de sang et de placenta, les plumes de sa tĂȘte dĂ©goulinantes, et il a criĂ©, une sorte de gloussement strident [DĂ©tail forestier = BĂ©casse ou moineau].

J'ai a tout pris voulu regarder le visage de SérÚne et je ne l'ai pas vu, non je ne l'ai pas trouvé [élément de Millevaux = l'oubli ou la mémoire, car je situe cet événement a priori dans le passé]. Et sans doute préférais-je ne pas en savoir plus sur sa réaction. [Ce que je veux atteindre : connaßtre la réaction de SérÚne face à cette naissance]

Je dois quand mĂȘme Ă  tout prix savoir car aprĂšs tout SĂ©rĂšne, c'est peut-ĂȘtre elle mon grand amour, c'Ă©tait peut-ĂȘtre notre destin malgrĂ© tout, et maintenant que j'ai perdu Silence, maintenant que j'ai tout perdu, et alors que je suis en train d'accoucher de la chose-bĂ©casse, je perds mes dents en mĂȘme temps, une Ă  une, mon dieu, que vais-je perdre ensuite... [j'investis ma quĂȘte (trouver l'Ăąme soeur) pour avoir un bonus de 1] [symbole = dents]

SérÚne berce la chose bécasse, l'oiseaumme, le fruit de nos péchés. Et elle sourit. Elle me sourit. Elle n'a jamais été, elle ne sera jamais aussi radieuse. Maintenant je regarde ses cheveux. Ils sont noirs comme cette nuit de vision et d'orage. [J'obtiens un 7 = j'obtiens ce que je veux, et un avantage inespéré, aussi choisis-je une expression faciale perçue comme positive]

Un réconfort

Je m'allonge dans l'humus, dans le lit de feuilles mortes qui est le seul couchage que m'offre la nature, la pluie se dĂ©verse sur moi sans discontinuer, la forĂȘt est plus blanche que noir comme si le monde Ă©tait sur le point de cĂ©der, et moi je suis bien, je ne sens plus rien, et je tiens un oiseaumme invisible dans mes bras, et j'esquisse le geste d'une caresse. Dans ces cheveux noirs.

La fin de la journée

Et j'embrasse le petit bec effilĂ© de l'enfant-bĂ©casse, et je sens son odeur. La mĂȘme odeur de peau et de fiente que la stryge. La crĂ©ature-corbeau dont j'ai portĂ© l'enfant. [6 = une rĂ©vĂ©lation]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#4 10 Feb 2019 14:12

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

DIX DE MERDIER

Trigger warning : nécrophilie

Le contexte

Le lieu

Un lieu sacré OK

Le moment

La nuit OK

Le climat

La tempĂȘte OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui

La faim OK

Inspirations

Mes symboles

dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour

L'égrégore ou la superstition OK

L'historiette du jour

Sur son corps démembré, les volutes de fumée disparaissaient peu à peu.
Ne laissant que cendre et chaos en guise de réconfort OK

Le détail forestier du jour

Scolopendre / Mille-pattes / Serpent OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album du jour

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Corpo Mente, par Corpo Mente, entre opéra baroque et musique zeuhl, la bande-son d'un conte de Grimm macabre en perruque poudrée

Ce qui m'attend

Je pense qu'une fois que j'ai repris mes esprits, j'ai bravĂ© la tempĂȘte [climat] et suis retournĂ©e sur mes pas. Silence avait perdu sa vie en essayant de me retrouver, je me devais d'en savoir plus. J'ai dĂ» trouver son corps sans tĂȘte quelque part aux abords du temple horla de bĂąches plastiques, et je l'ai traĂźnĂ©, face au vent, dans les bourrasques et dans l'Ă©cume qui ployait la forĂȘt sous son bras, vers cet endroit dans la forĂȘt oĂč l'on Ă©rige les bĂ»chers funĂ©raires [lieu sacrĂ© + historiette : "Sur son corps dĂ©membrĂ©, les volutes de fumĂ©e disparaissaient peu Ă  peu. Ne laissant que cendre et chaos en guise de rĂ©confort"].

Et je me demande si au dernier moment, je n'ai pas été tentée de le manger [ce qui me tiraille : la faim] ou de lui faire l'amour, parce qu'aprÚs tout Silence était une personne tellement spéciale pour moi, je pense qu'au-delà de la mort, j'éprouve pour lui du désir et un besoin maladif de lui rendre hommage. Et puis, j'ai tellement faim...

Péripétie du jour = Introspection

Je me suis agenouillée au milieu des bûchers funéraires, macabres pilotis de bois carbonisé. Ici, l'endroit était a peu prÚs à l'abri des intempéries, mais on entendait le vent mugir et j'ai compris que les esprits des morts étaient tous là [l'élément de Millevaux = égrégore ou superstition] Le corps de Silence était à mes cÎtés dans les feuilles mortes et dans la cendre. J'allumai tranquillement le feu, et toute à la contemplation des escarboucles que formaient les braises, mon esprit se mit à vagabonder. Et je n'avais toujours rien mangé, et pour tout dire je n'avais aucune idée de comment faire maintenant que j'avais perdu mes dents. [Symbole = dents].

Je caresse le visage et les bras de Silence, raides, froids, visqueux et blancs. Je repense à SérÚne. Est-elle à ma recherche pour me venger ? Malgré mon souvenir de la veille, je pense qu'elle m'en veut d'avoir embrassé la créature-corbeau. Je m'estime heureuse que l'enfant-bécasse soit de lui, et tout en y pensant, notre étreinte me revient, et se ravive dans ton mon corps comme une caresse toxique.

[Je renonce au réconfort et je fais deux tirages sur la table des émotions : le dégoût et la tristesse. Je vais opter pour le dégoût.]

Je m'allonge dans les bras de Silence pour oublier SĂ©rĂšne, pour oublier la mort de Silence mĂȘme. Je dĂ©chire ses vĂȘtements et je glisse sur lui. Qu'est-ce qui me prend ? Peut-ĂȘtre qu'un peu de chaleur humaine pourrait lui rendre vie ? Peut-ĂȘtre que j'ai besoin de chaleur humaine ? Je refais plusieurs tentatives, mais c'est plus fort, c'est mon corps mĂȘme qui se refuse Ă  cette union charnelle.

Et dans le vent et le battement frénétique des branches et de l'armature du bûcher, les esprits hurlent.

Alors j'essaye de le manger, parce que ce serait lui rendre hommage que de garder une partie de lui en moi, mais ma bouche mutilée ne peut que happer, et la peau de Silence est atrocement aigre, et ça ressemble trop à un baiser, et c'est trop érotique pour que j'en supporte davantage, alors je m'éloigne brutalement de son corps et je vomis de la bile.

Et dans le vent les esprits des morts m'insultent. Je me dĂ©goĂ»te moi-mĂȘme au plus haut point.

Alors que les flammes commencent à prendre, je monte Silence sur le bûcher, mais je n'arrive pas à le faire avec déférence, ce n'est plus qu'un fardeau dont je me veux me défaire, et quand les flammes le dévorent, écartant la nuit d'une aura rouge [le moment = la nuit], je n'ose pas regarder.

Je reste à genoux, lui tournant le dos, priant. C'est alors que je vois, éclairé par l'holocauste, un scolopendre grouiller dans le terreau à mes pieds. Alors je fais les choses sans plus du tout y réfléchir, j'attrappe la bestiole avec une rapidité que je m'ignorais et je le fais entrer de force dans ma bouche, je l'avale sans mùcher, je sens ses pattes qui grouillent le long de mon oesophage. Voilà ce qui constitue mon premier repas depuis ma fuite. [Détail forestier : Scolopendre / Mille-pattes / Serpent]

Je reste Ă  genoux, l'incendie me chauffe le dos, j'ai la main sur ma bouche pour m'empĂȘcher de vomir.

Quand enfin la chose cesse de bouger dans mon ventre, j'enlĂšve ma main et je veux crier. Mais rien ne sort. Les rafales me fouettent le visage, pleine des cendres de Silence.

Voilà ce que j'ai hérité de lui. Je suis désormais muette ! [transformation physique héritée de l'introspection]

Me voilà plus démunie que jamais, et je sens que maintenant le moment est proche... ou SérÚne me remettra le grappin dessus pour me faire payer [fin de la journée : anticipation d'événements à venir]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#5 11 Feb 2019 11:11

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

ONZE DE MERDIER

Le contexte

Le lieu : Un futur que j'imagine OK

Le moment : Le jour OK

Le climat : la tempĂȘte OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : un trouble mental OK


Inspirations :

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour : l'oubli ou la mémoire

L'historiette du jour : DerriĂšre ces cages de corps, cadavre souriants. Il y avait une perle qui attendait
d’ĂȘtre cueillie.
Kinder, mon chasseur de fée.

Le détail forestier : Branches / Rejets OK


Le cƓur de la journĂ©e :

L'album du jour :

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Une belle journĂ©e, par Nicolas Dick, de l'ambient riches en nappes, en bourdons et en Ă©lĂ©gies, un long assouplissement d'un seul et mĂȘme monde dans son dernier soupir.

Ce qui m'attend :

Je me suis rĂ©veillĂ©e au milieu des cendres fumantes. Comment ai-je pu dormir au milieu du fracas de la tempĂȘte et des hurlements des morts ? [climat : tempĂȘte] Seule ma trĂšs grande fatigue physique et morale peuvent l'expliquer. [Ce qui me tiraille : un trouble mental].
Le corps de Silence, sur son frĂȘle pilotis noir, est carbonisĂ© maintenant. Les rafales de vent en ont chassĂ© toute odeur de mort ou de brĂ»lĂ©. Dans la valse frĂ©nĂ©tique des feuilles mortes et la plainte des arbres ployĂ©s, je me surprends Ă  trouver de la beautĂ©. [symbole : beautĂ©]

Je dessine rĂȘveusement des spirales dans la cendre que le vent emporte aussitĂŽt. Je fais des tours et des dĂ©tours dans ma pensĂ©e. Je fuis le prĂ©sent et je m'aventures dans des temps qui auraient pu ĂȘtre ou qui ne seront jamais.

J'imagine un futur heureux, et j'ai vraiment envie de m'y perdre et de ne plus jamais revenir. Un futur oĂč j'aurai enfin trouvĂ© mon Ăąme soeur, et cette personne s'appellera : Kinder, le chasseur de fĂ©es. [L'historiette du jour : DerriĂšre ces cages de corps, cadavre souriants. Il y avait une perle qui attendait
d’ĂȘtre cueillie. Kinder, mon chasseur de fĂ©e.]

Mon aventure :

[J'ai tiré l'exploration]

Nous sommes dans une vaste clairiĂšre encadrĂ©e d'arbres aux feuilles d'or, venus d'un Ă©ternel automne. Notre maison est une modeste cahute de branchages. La brise fait cliqueter les dizaines de cages suspendues aux chĂȘnes des alentours [DĂ©tail forestier = branches]. A l'intĂ©rieur, des petits ĂȘtres aux ailes de libellule, de papier journal ou de papillon de nuit, tous souriants, certains bien en vie pĂ©pient comme des oiseaux, d'autres agonisent dans un chuintement, les derniers sont dĂ©jĂ  momifiĂ©s, mais tous arborent un sourire hermĂ©tique.

"Je suis revenu". C'est lui, c'est Kinder. Il est petit et on voit dans ses yeux qu'il est Ă  moitiĂ© fĂ©e. Il a aussi ce mĂȘme sourire qui tour Ă  tour peut exprimer la bontĂ©, la farce ou la cruautĂ©. Il porte tout son attirail de chasseur, filets Ă  papillons, collets, cages et poudre d'or.

Il jette tout cela Ă  terre et court vers moi et prend mes jambes dans ses bras. Son visage est contre mon pubis et je passe ma main dans ses cheveux pour y rĂ©colter les insectes et les rĂȘves qui y traĂźnent. Kinder m'aime parce qu'il voit au travers de moi et mon apparence n'a aucune importance pour lui.

Je le soulĂšve dans mes bras. Il ne pĂšse rien, il ne pĂšse mĂȘme pas ce qu'il a l'air de peser. J'entre dans la cahute alors qu'il me chantonne des vers en langue putride. Je suis bien consciente d'ĂȘtre dans le futur, et je suis tiraillĂ©e entre l'envie absolue de profiter de l'instant, et le besoin de trouver des indices qui me conduiraient Ă  accomplir ce futur.

Je sens que le temps m'est comptĂ© car dĂ©jĂ  j'entends la tempĂȘte poindre et les branchages de la cabane trembler : le prĂ©sent, impĂ©rieux, ne veut pas se laisser Ă©vincer longtemps.

[Je n'émets pas de spéculation sur le lieu, je lance donc un seul dé pour en percer le mystÚre. J'obtiens 1 : le grand mystÚre des lieux m'est révélé]

A l'intĂ©rieur de la cabane, KInder me pousse dans notre couche de paille, de plumes et de paillettes mĂ©talliques, et nous nous dĂ©shabillons sans davantage nous parler, il met sa longue main dans ma bouche et je lĂšche ses griffes, et moi je parcours son corps, il parcourt le mien, et nous faisons l'amour Ă  la maniĂšre du peuple-fĂ©e, et c'est quelque chose d'incomparable, mais je suis distraite car je suis en train de scruter tout l'intĂ©rieur de la cabane. Il y a ici les plus grands trophĂ©es de Kinder, ceux qu'il ne veut pas revendre car ils sont trop prĂ©cieux. Des branchages tombent de la structure, alors que les bourrasques venues du prĂ©sent se font de plus en plus fortes. La rĂ©ponse est dans les trophĂ©es. Le sexe avec Kinder est si invasif et en mĂȘme temps porteur d'un infini et constant respect du consentement que j'ai vraiment du mal Ă  me concentrer sur eux. C'est au milieu de l'orgasme que la cabane s'effondre, et c'est dans ses dĂ©combres que je vois Kinder mettre la main sur un corps momifiĂ© pour le protĂ©ger des intempĂ©ries.

Le corps de mon enfant-bécasse. Ce fut lui le prix de notre amour.

Kinder se doute de quelque chose. Il veut me prendre dans ses bras mais l'ouragan m'arrache Ă  lui. Je m'accroche aux branches d'un des arbres de la clairiĂšre, je ne touche plus terre. Kinder est soulevĂ© comme un fĂ©tu de paille. J'essaye de m'accrocher Ă  quelque chose d'autre, je m’agrippe Ă  une cage sans rĂ©flĂ©chir. Et je suis happĂ©e avec elle dans le prĂ©sent.

Je reprends connaissance au milieu des cendres. A cause du vent, j'ai dû heurter le pilotis et la structure s'est effondrée. Le corps noir de Silence gßt à mes cÎtés, au milieu des volutes de cendres.

Je pourrais penser que j'ai rĂȘvĂ© tout ça, que ce n'est pas arrivĂ© ou que ça n'arrivera jamais, mais dans ma main je tenais encore fermement une cage, avec Ă  l'intĂ©rieur un ĂȘtre frĂȘle, une fĂ©e au visage de trĂšfle Ă  quatre feuille et de grains de raisin, aux ailes toutes fĂȘtes de pensĂ©e, avec des perles serties sur chaque ongle, et qui murmurait dans son langage de feuille, et bon grĂ© mal grĂ©, j'ai redressĂ© la cage, et j'ai dĂ©cidĂ© d'en faire une amie qui peut-ĂȘtre pourrait me guider jusqu'Ă  Kinder, mĂȘme si c'Ă©tait sĂ»rement une erreur que cette fĂ©e se vengerait de moi d'une façon ou d'une autre. [Une association trĂšs tentante, mais qui aura des consĂ©quences dramatiques].

Et j'essaye de toutes mes forces de me souvenir de ce futur, dans tous ses délices et tous ses indices, mais alors que je serre cette réminiscence de Kinder dans mes bras, je suis déjà en train d'oublier l'essentiel, j'oublie tous les petits détails qui ont son importance, j'oublie que le chasseur de fées est profondément malfaisant, et il ne me reste plus que l'amour. [L'élément du jour : l'oubli ou la mémoire]

Un réconfort :

A genoux, je me penche sur la cage que j'ai posĂ©e entre deux pilotis effondrĂ©s pour la protĂ©ger du vent. Et je touche les doigts sertis de perles de la fĂ©e, et je tente de la rassurer, elle me rĂ©pond dans son langage de feuille, qui devrait ĂȘtre imperceptible dans le vacarme ambiant, et que pourtant j'ai la sensation de comprendre. Et pour une fois, je souris sans me soucier de ce que çà peut bien faire sur mon visage dĂ©formĂ©.

La fin de la journée :
[La journĂ©e s'arrĂȘte en plein milieu de la journĂ©e ou mĂȘme d'une phrase]

"Tikeli-Tireli-Ti... Pour soigner ton trouble mental... Tireli-Tinkeli-Bling... Frrrr... Mon amie.... Frrrr... Tu dois..."


Auteur de Millevaux.
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#6 12 Feb 2019 10:00

Thomas Munier
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Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

DOUZE DE MERDIER

Trigger warning : fantasmagorie, agression, trauma

Contexte

Le lieu : Ma forĂȘt mentale (le reflet de ton inconscient) OK

Le moment : la nuit OK

Le climat : le vent OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : la faim OK


Inspirations

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour : la ruine ou les ruines

L'historiette du jour :
L'idĂ©e que jadis les hommes Ă©taient davantage que des bĂȘtes n'est qu'un fantasme.
Tout le monde doit survivre, ouvrez les yeux.

Le détail forestier du jour : Scolopendre / Mille-pattes / Serpent OK


Le cƓur de la journĂ©e :

L'album du jour :
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Des veines à l'eau creuse, par Enord, un dark-ambient drone avec des cuivres rituels, mantras caverneux et priÚres insectoïdes, marécageux et incantatoire.

Ce que je m'attends Ă  trouver :

Mon trouble mental a littéralement pris possession de moi, et le scolopendre n'a pas suffi longtemps à me rassasier. Je voulais fuir, mais j'en fus incapable, je suis restée prostrée dans les cendres et la fumée, à veiller ce qui restait du corps de Silence, alors que j'aurais tellement dû fuir, car la chose-souris n'est pas loin, et SérÚne est sûrement à ma recherche.

J'ai voulu me rĂ©fugier en moi-mĂȘme et je crois que la fĂ©e m'y a aidĂ©. Sans doute parce qu'elle pensait que ça ne me ferait pas du bien. Depuis sa cage, elle m'a fixĂ© avec ses yeux aux paupiĂšres de trĂšfle Ă  quatre feuilles et m'a hypnotisĂ©e. J'ai senti chacun de me mes membres se raidir les uns aprĂšs les autres. A la fin, seuls mes yeux pouvaient bouger et je voyais des mouches nĂ©crophages se dĂ©placer sur mon corps, sans sentir le frottement de leurs pattes. J'ai compris que je m'enfonçais dans ma forĂȘt mentale, et j'ignore si je peux avoir un effort de retour, ni si je vais trouver lĂ -bas le rĂ©confort ou la folie.

Mon aventure :

[Introspection]

Je suis toujours dans la suie, mais je retrouve peu Ă  peu l'usage de mes membres. Je crache. Une dent tombe de ma bouche. Puis une autre. Je vomis. Des dizaines de dents. [Symbole = dents]. Il y a toujours le corps carbonisĂ© de Silence prĂšs du bĂ»cher effondrĂ©, mais il y a aussi sa tĂȘte, prĂšs du bidon de plastique renversĂ©. Je la ramasse, je la serre contre moi et je pleure.

La fĂ©e est avec moi aussi. Elle n'est pas dans sa cage. Elle fredonne des choses Ă  mes oreilles dans son langage de feuille et je sens qu'elle veut me manipuler et mon corps est parcouru de picotements, devient hypersensible. J'enlĂšve mes chaussures et je foule la cendre. La tempĂȘte s'est calmĂ©e, l'obscuritĂ© rĂšgne de nouveau mais curieusement j'y vois clair comme dans une fantasmagorie. [moment = nuit]

Le vent s'engouffre dans des tunnels d'arbres en bordure de la clairiĂšre. Des passages vers d'autres taniĂšres de ma forĂȘt mentale.

Je m'aventure dans l'une d'elle, je porte la tĂȘte de Silence et curieusement elle devient chaude.

Je m'aventure dans la taniĂšre de SĂ©lĂšne, une grotte Ă  la voĂ»te ornĂ©e de toiles d'araignĂ©es qui forment comme un ornement de chapelle. Des choses-araignĂ©es rampent et certaines se glissent dans mon dos, sous mes vĂȘtements. SĂ©rĂšne est assise sur notre lit rapiĂ©cĂ©, et elle pleure. Je pose mes mains sur ses Ă©paules, je veux la rassurer mais en mĂȘme temps, je sais que c'est moi qui lui ai fait du mal, et quelque part, ça me fait plaisir de la voir aussi triste, cela relĂšve de la jouissance coupable d'avoir brisĂ© quelque chose de beau et d'innocent, ou d'avoir fendu la carapace d'une armure. Elle se tourne vers moi, et je m'attend Ă  ce que son visage est furieux, car dans la rĂ©alitĂ© il Ă©tait furieux, j'en suis sĂ»r, mais elle a ce sourire qu'elle avait Ă  la naissance de l'oiseaumme. Je vomis des dents et elle ne relĂšve pas. Je veux dire quelques mots pour m'excuser puisqu'aprĂšs tout Ă  l'Ă©poque je parlais, mais aucun son ne sort, et j'en suis bouleversĂ©e.

Frrrr.... Frrrr.... Frrrr...., murmure la fée

C'est plus fort que moi, je l'embrasse. Je sens sa langue passer sur mes gencives nues, repasser, avec voluptĂ©. Je sens l'enfant-bĂ©casse pousser dans mes chairs, sortir alors que j'embrasse l'Ăąme-soeur que j'ai trahie. Elle me couche sur le lit. Elle prend un scolopendre et le glisse dans ma bouche. Cette fois, je ne suis plus dĂ©goĂ»tĂ©e. Je savoure chaque sensation quand ses pattes grouillent contre mon palais, ma langue, rentrent dans ma gorge. Je sens que la bĂȘte se love dans mon estomac pour y mourir et me nourrir.

[je choisis de me garder une possibilité de réconfort, et donc je jette une seule fois les dés pour l'émotion maßtresse de cette introspection. J'obtiens : l'anticipation]

J'aime ce moment parce qu'il est absolument hors du temps et me paraßt sans conséquence. Mais les choses ce compliquent à mesure que je me fais cette réflexion, et mon sentiment de culpabilité et ma crainte se liguent contre moi et se mettent à anticiper le pire, quand la vraie SérÚne me retrouvera.

Frrrr.... Frrrrr... Frrrrr....

Les mains de SĂ©rĂšne sur mes flancs se font d'un coup plus fermes. Elle a une poigne extraordinaire. Son visage est l'expression mĂȘme de la haine. Je veux me dĂ©battre mais la fĂ©e me touche Ă  plusieurs endroit et Ă  chaque fois paralyse un de mes membres. SĂ©rĂšne utilise l'enfant-bĂ©casse, encore tout trempĂ© de placenta et me laboure les chairs avec. La fĂ©e ramasse mes dents, et me force Ă  les manger une Ă  une. Je veux implorer la pitiĂ© mais je suis toujours muette. [Cette introspection tourne autour d'un Ă©lĂ©ment de la feuille de personnage, la question : "Ai-je commis une faute par le passĂ© qui explique ma condition ?"]

Le réconfort

Alors j'accepte. J'accepte le supplice car il reprĂ©sente ce que je mĂ©rite. J'accepte que le bec de mon enfant rentre dans ma chair, et j'accepte cette douleur comme une rĂ©demption. Des racines poussent sur le sol de roche Ă  la mesure de ma douleur. Je me surprends Ă  en ressentir une forme de frisson, et ça ne me rend que plus coupable. Je m'abandonne, et en mĂȘme temps c'est ainsi que je m'Ă©chappe. Je dois en passer par lĂ  pour renaĂźtre. Tout ceci n'est pas rĂ©el, tout ceci n'est pas rĂ©el. Parce que dans la vraie vie, je ne mĂ©rite pas ça, je ne mĂ©rite pas ça.

SĂ©rĂšne brandit la tĂȘte blĂȘme de Silence au dessus d'elle. Elle a le regard habitĂ© d'une prĂȘtresse de la mort. Puis elle descend la tĂȘte de mon amant jusqu'Ă  mes lĂšvres et je l'embrasse, et ça me fait du bien.

Le vent du monde réel fait gonfler et onduler les toiles d'araignées au dessus de moi.

La fin de la journée

[tirage = un coup de théùtre]

La fĂ©e et SĂ©rĂšne me transportent en travois vers un autre endroit de ma psychĂ©. Un endroit qui est certainement un souvenir ou quelque chose de trĂšs symbolique, et qu'elles veulent porter Ă  ma connaissance, certainement pour me punir davantage. Elles me dĂ©posent dans le hall d'un immeuble en ruines et m'y abandonnent. La plupart des planchers des Ă©tages au-dessus de ma tĂȘte ont disparu et je vois les cimes des arbres et des Ă©clatĂ©s de piĂšces, ici une baignoire, lĂ  un Ă©vier ou une salle de jeux penchĂ©s au dessus de bĂ©ances Ă©ventrĂ©es. Des morceaux de parpaings et de ciment et de papier peint s’effritent en permanence comme si l'immeuble se faisait grignoter par une mycose invisible. [ÉlĂ©ment de Millevaux = la ruine ou les ruines]

Elle est dans une piĂšce du haut, elle sort sa gueule d'une baignoire, cette ancienne amante que j'ai voulue oublier. Elle descend le long d'une gouttiĂšre jusqu'Ă  moi. Sa poitrine couverte de poils bat sur la mĂȘme mesure que sa gueule Ă  la langue pendante. CrĂšgne. Elle me respire. Elle avait dit qu'elle resterait civilisĂ©e. C'Ă©tait une scientifique, une protectrice. Et elle a chu. Et maintenant elle aboie !
[L'historiette du jour = L'idĂ©e que jadis les hommes Ă©taient davantage que des bĂȘtes n'est qu'un fantasme. Tout le monde doit survivre, ouvrez les yeux.]

Et si l'on m'a amenée jusqu'ici, c'est certainement que c'était à cause de moi.


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#7 13 Feb 2019 09:52

Thomas Munier
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Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

TREIZE DE MERDIER

Le contexte :

Le lieu : Ma forĂȘt de mĂ©moire, ou je peux retrouver mes derniers souvenirs OK

Le moment : Le jour OK

Le climat : climat différent, magique ou étrange OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : un trouble mental OK


Inspirations :

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément Millevaux : la ruine ou les ruines OK

L'historiette : Chariots à conneries ! J'l'ai pas buté pour la nourriture ! J'l'ai cramé pour
qu'personne mette la main dessus. OK

Le détail forestier : Buisson / Aubépine / BruyÚre OK


Le coeur de la journée :

L'album du jour :
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Frjee feather EP, par Forest Swords, un post-rock dub psyché et mazouté à souhait !

Ce qui m'attend :

AprĂšs avoir fait mes adieux Ă  Silence, j'ai repris ma route tant bien que mal. Il me fallait mettre du champ entre moi et SĂ©rĂšne ou la chose-souris. J'ai entamĂ© la traversĂ©e des dunes battues par le vent. J'avais mon chĂąle sur la bouche et mes dents Ă©taient autour de mon cou, en collier, attachĂ©es avec la ficelle prise dans le temple horla. Je m'aidais d'une branche pour marcher et la traversĂ©e m'Ă©tait pĂ©nible. Non pas que la prĂ©sence des arbres, ici rĂ©duite Ă  des bosquets rabougris, m'ait manquĂ©, mais parce que je n'Ă©tais absolument pas en possession de tous mes moyens mentaux. J'Ă©tais dĂ©sorientĂ©e et je me parlais Ă  moi-mĂȘme, mon souffle et mes lĂšvres dĂ©formant le chĂąle comme une marionnette.

Des aubépines poussaient à une vitesse vertigineuse autour de moi, investissant les dunes. Les nuages du ciel formaient comme une image en négatif. Le soleil est noir [Le moment : le jour]. Plus j'avançais, plus j'avais la sensation de reculer. Je me demande si je ne suis pas prise dans une perturbation limbique [un climat différent, magique ou étrange].

Je me réfugiai dans un vaste terrier à l'abri du vent. Mais trop tard, je pense. J'avais déjà inhalé de l'air. Comment faire autrement.

Je me roule dans le sable. J'ai eu de la peine Ă  respirer. Ma tĂȘte Ă  tournĂ©. Je vais me retrouver en proie au dĂ©lire mĂ©moriel. J'ai plongĂ© dans ma forĂȘt de mĂ©moire, oĂč je vais revivre mon histoire avec CrĂšgne, la femme-chienne.

Mon aventure :

[Une exploration]

Je ferme les yeux. J'ouvre les yeux. Je ferme les yeux. J'ouvre les yeux.

Dehors, je vois des immeubles en ruine [élément : la ruine ou les ruines] émerger du sable. Ils n'étaient pas là auparavant. L'aubépine continue de progresser. Je me redresse et je me dirige à grand-peine vers les ruines. Je sais que je vais y retrouver CrÚgne. Je veux en savoir plus ce qu'était notre relation [le but de mon exploration = avoir des réponses à mes questions].

J'erre dans des cages d'escalier rognĂ©s par l'aubĂ©pine, j'entre dans des appartements dĂ©crĂ©pis et par le mur effondrĂ©, j'ai une vue plongeante sur les dunes et les autres immeubles. C'est difficile de me dire que ces endroits ont pu m'ĂȘtre familiers. Avec le sable et l'aubĂ©pine, je ne reconnais rien. Je ramasse une cafetiĂšre cabossĂ©. Je lĂšche son mĂ©tal pour en vĂ©rifier l'existence. C'est si rĂ©el et si intangible Ă  la fois que c'en est douloureux.

Je me retrouve dans d'autres piĂšces. Dans une cave en train de rĂ©parer le groupe Ă©lectrogĂšne. Puis ailleurs, nue dans une baignoire de fortune. Je n'ai pas le souvenir de m'ĂȘtre dĂ©placĂ©e, mais je me sens fourbue comme si j'avais fait des kilomĂštres dans ce rĂ©seau de vestiges.

Je ferme les yeux. J'ouvre les yeux !

Je suis toujours dans la baignoire. Des mains savonnent mes jambes et massent mes genoux endoloris. De peur et de surprise, je gesticule, je plonge la tĂȘte sous l'eau, je remonte. C'est une femme et je sais que c'est CrĂšgne. "Je reviens d'un long voyage mais vous avez l'air plus fourbue que moi". Le sirocco fouette ses cheveux. Elle a des mains dĂ©formĂ©es par une arthrose prĂ©coce ou par une ancienne torture. Des lunettes d'aviateur sont relevĂ©es sur son front, et tout son visage est maculĂ© de graisse et de poussiĂšre. Elle a Ă  ses cĂŽtĂ©s un lourd paquetage garni d'outils et d'armes.

"Est-ce que ça s'est passé comme ça ?
- Comme ça ?
- Notre rencontre.
- Je ne sais pas.
- Comment vas-tu te transformer en chienne ?
- De quoi parlez-vous ?
- Je crois qu'on s'est associées pour faire de la fouille de vestiges. Est-ce que c'était avant, aprÚs ou pendant SérÚne. Je l'ignore. Je crois que c'est comme ça qu'on est tombées amoureuses. Et je dirais que tu as été mordue par un chien enragé. Une morsure qui m'était destinée." [j'émets une spéculation]

CrĂšgne plonge toute habillĂ©e dans la baignoire. Nous avons toutes les deux la tĂȘte sous l'eau, nous nous embrassons jusqu'au bord de la noyade. Est-ce que c'est logique que ça se passe aussi vite ?

[Je lance deux dĂ©s mais j'obtiens deux fois le mĂȘme rĂ©sultat : "Tu es sur le point de trouver le secret du lieu mais tu prĂ©fĂšre ne pas savoir"]

On nage sous l'eau. Dans les vestiges ensablĂ©s oĂč l'aubĂ©pine gagne tout. Il y a cette porte et devant ce chien. Il aboie. On ne l'entend pas, mais de l'eau sort de sa gueule. CrĂšgne me tient la main. Mais en fait, je n'en veux plus. Je ne suis pas prĂȘte Ă  savoir. Je ne suis pas prĂȘte Ă  la voir souffrir, surtout si elle l'a fait pour me protĂ©ger. Et je suis pas prĂȘte Ă  savoir ce qu'est devenu notre relation aprĂšs sa transformation. Je lĂąche sa main et je remonte Ă  la surface.

Je ferme les yeux. J'ouvre les yeux.

Je suis dans le terrier, en position foetale. Je crois bien que la perturbation limbique est passĂ©e. Les immeubles ne sont plus que des mirages qui s'effacent. Il faut que je rassemble vite mes affaires. La fĂ©e piaille parce que l'aubĂ©pine est sur le point d'envahir sa cage, et moi mĂȘme j'ai Ă©tĂ© griffĂ©e de tous cĂŽtĂ©s pendant mon inconscience.

J'en ai assez. J'en ai assez d'ĂȘtre une victime. DĂ©sormais, je choisis d'ĂȘtre forte. J'assumerai mon destin et je ne laisserai pas les autres prendre les coups Ă  ma place. Les coups, c'est moi qui vais les donner. Je me relĂšve dans le sirocco,  la cage Ă  la main et je fixe l'horizon avec une dĂ©termination nouvelle, il est beau et magnifique, striĂ© des veines limbiques d'un crĂ©puscule inversĂ© et lĂ  oĂč je vais, il n'y a plus de place que pour l'espoir. Je jette le collier de dents dans le sable, et ma beautĂ© prĂ©cĂ©dente je la laisse derriĂšre moi. Je n'aurai plus que la beautĂ© de ma force [Symbole : la beautĂ©]. Et je retrouverai CrĂšgne. [J'accepte ici une transformation tentante : transformation mentale. Mais elle peut avoir des consĂ©quences dĂ©sastreuses : ici, je perds l'opportunitĂ© de rĂ©cupĂ©rer mes dents.]


Le réconfort :

J'avance encore longtemps, et la nuit ne vient jamais. Je ne fléchis pas.

Frrr... Frrrr...

Je n'ai plus besoin de toi, fée.

Je pose sa cage dans le sable. Je l'ouvre.

La fée vole douloureusement jusqu'à mon visage. Elle m'embrasse dans le cou.

Frrrr... Frrrr....

Je suis tentée. Tentée de la tuer parce qu'elle cherche à se venger de moi. Tentée de la manger. Tentée de la brûler comme du papier journal. [L'historiette : Chariots à conneries ! J'l'ai pas buté pour la nourriture ! J'l'ai cramé pour qu'personne mette la main dessus.]

Mais je repousse ces pulsions. Je suis droite et j'affronte le danger. Je la laisse mordiller mon cou. Je suis fiÚre de moi. Et je l'extrais délicatement de moi et lui fais signe de s'envoler.

Elle me regarde.

Frrrr.... Frrrr....

[Fin de la journĂ©e : la journĂ©e s'arrĂȘte en plein milieu de l'action ou mĂȘme d'une phrase]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#8 14 Feb 2019 09:53

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

QUATORZE DE MERDIER

Le contexte :

Le lieu : un rĂȘve OK

Le moment : le jour OK

Le climat : l'orage OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : le manque causé par l'oubli OK


Inspirations :

Symbole : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux : L'égrégore ou la superstition OK

L'historiette du jour : Sa vue soulùve de honte mon cƓur, son odeur broie mon regard.
Je me tourne alors vers celui par lequel les ténÚbres arrivent. OK

Le dĂ©tail forestier : HĂ©risson / Mulot / Taupe / Écureuil / Souris / Rat OK


Le cƓur de la journĂ©e :

L'album du jour :
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Pentagon Black, par Goliath Bird Eater, du psychĂ©-drone ritualiste assez facile d'Ă©coute, une forĂȘt de boucles en l'honneur de dĂ©itĂ©s sourdes, aveugles et arachnoĂŻdes.

Ce qui m'attend :

J'ai enfin pu quitter les dunes avant que les aubĂ©pines ne dĂ©vorent la zone tout Ă  fait. J'Ă©tais maintenant dans la forĂȘt-hĂ©risson [DĂ©tail forestier = hĂ©risson]. Des arbres et des buissons aux houppiers garnis d'Ă©pines, palpitant comme le corps de hĂ©rissons gĂ©ants. Cela a Ă©tĂ© dur de trouver un abri lĂ -dedans, alors que l'orage Ă©tait plus furieux que jamais. Des Ă©clairs frappaient les houppiers et il en rĂ©sultait une terrible odeur de chair carbonisĂ©e. Il faisait jour mais hormis quand les Ă©clairs venaient tout recouvrir d'un flash blanc, on n'y voyait rien. Je me suis blessĂ©e aux Ă©pines des buissons-hĂ©rissons, et j'ai enfin pu trouver une grotte, fort heureusement dĂ©sertĂ©e par l'ours qui avait dĂ» y vivre Ă  une Ă©poque.

Je me suis allongĂ©e contre la pierre, et j'ai roulĂ© sur moi-mĂȘme, en proie Ă  la fiĂšvre, au manque liĂ© Ă  l'oubli.

Frrr... Frrr....

La fĂ©e me harcelait de ses battements d'ailes de journal intime. Je l'avais libĂ©rĂ©e mais elle n'a pas voulu me quitter. Elle m'a suivie, mĂȘme quand je lui jettais des pierres.

Des frissons me parcouraient en entier. J'avais trĂšs froid et je suais Ă  grosses gouttes. Une crise de manque. Mes souvenirs me manquent. Je voudrais tellement me rappeler des dĂ©tails de ma vie amoureuse avec Silence, avec CrĂšgne... mĂȘme avec SĂ©rĂšne...

J'ai dû délirer un moment. Puis je me suis assoupie.

J'ai senti la fée butiner mon corps, mais je n'avais pas la force de la chasser.

C'est lĂ  que j'ai dĂ» rĂȘver.

Mon aventure :

[Exploration]

Je suis dans une forĂȘt. Des milliers de rubans sont accrochĂ©s aux branches. Sous mes pieds craquent les coques de fruits exotiques et colorĂ©s, certains encore durs, d'autres mĂ»rs Ă  point, d'autres pourris, et ensemble ils dĂ©gagent des arĂŽmes qui m'enivrent, littĂ©ralement. Je touche l'Ă©corce des arbres et je la sens respirer. Un instant, la beautĂ© des lieux me happe. [Symbole : beautĂ©]

Je ne sais pas oĂč est la fĂ©e, et son absence me fait du bien. Je titube dans la forĂȘt, me laissant de temps Ă  autres tomber dans les branches qui me rattrappent sans me blesser. Je veux retrouver Silence. Je suis sĂ»re que je peux trouver ici une rĂ©miniscence de lui. J'ai le manque de lui.

[je n'émets pas de spéculation, aussi je ne lance qu'une seule fois le dé pour le résultat de mon exploration]

Je descend des talus jusqu'Ă  une vallĂ©e oĂč l'humus est recouvert de draps, par centaines. Des calebasses suspendues aux branches dĂ©gagent des fumĂ©es psychotropes comme des encensoirs. De la cire chaude dĂ©gouline des arbres et me marque la peau. Silence est Ă©tendu, vivant et nu.

Je vais sur lui et je veux lui dire quelque chose. Il met son doigt devant ma bouche. Ma main parcourt son visage et son sourire. J'ignore ce que nous sommes en train de faire, mais nous nous retrouvons en proie Ă  l'extase. Son sexe est comme une grappe.

Mais toute chamboulĂ©e que je puisse ĂȘtre par l'Ă©motion et le dĂ©sir, je rĂ©alise que tout ceci n'est qu'un leurre. Que ça ne m'Ă©claire pas sur les circonstances de notre rencontre, ni mĂȘme sur la vĂ©ritĂ© de ce moment. [Quelque chose d'important reste non-dit]

Le réconfort :

Silence pousse un long gémissement, c'est le seul son qu'il puisse produire. Et la fée sort de mon corps, elle s'en extrait avec langueur, comme d'une chrysalide, ainsi donc elle était là tout ce temps, et je réalise avec dégoût que mon plaisir venait aussi d'elle. Je mets la fée dans la bouche de Silence et il la malaxe de ses lÚvres.

La fin de la journée :

Alors que tous mes sens vacillent, je sens les odeurs de la forĂȘt onirique se flĂ©trir jusqu'Ă  devenir celles du mazout et du camphre, je sens les Ă©treintes de Silence et de la fĂ©e devenir des griffures, et comme l'haleine sur mon visage est trop forte, je me rĂ©veille en sursaut.

Je suis dans la grotte, suspendue la tĂȘte en bas, enserrĂ©e dans des ailes membraneuses.

Je suis Ă  la merci de la chose-souris et je sens ce qui lui tient lieu de corps faire pression sur moi.

J'ai trĂšs mal Ă  la tĂȘte alors que tout le sang afflue dans mon crĂąne.

Et la tĂȘte de la chose-souris est juste devant mes yeux, Ă  un centimĂštre de moi.

Je ferme les yeux car je ne veux surtout pas la voir. Mais ses griffes décollent mes paupiÚres et je suis obligée de contempler son visage.

Celui de Silence.

[tirage de fin de journĂ©e = une rĂ©vĂ©lation + L'historiette du jour : Sa vue soulĂšve de honte mon cƓur, son odeur broie mon regard.
Je me tourne alors vers celui par lequel les ténÚbres arrivent.]

Car maudite suis-je qui prévois toujours le pire, car c'est alors ce qui advient [l'élément de Millevaux = l'égrégore ou la superstition].


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#9 15 Feb 2019 17:18

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

QUINZE DE MERDIER

Le contexte :

Le lieu : Un ossuaire OK

Le moment : le jour OK

Le climat : vent OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : la maladie physique OK


Inspirations

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux : L'emprise ou la transformation OK

L’historiette du jour : Ma plume saigne de te voir mourir mon amour. Alors cesse de crier et ferme moi
ces yeux. OK

Le détail forestier du jour : Buisson / Aubépine / BruyÚre OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album du jour :
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Fallow Fields, par Harrow, au croisement entre Ennio Morriconne, le post-rock et le folk black metal, une épopée mélodique et lointaine.

Ce qui m'attend :

La chose-souris m'a emportĂ© dans son vol de cuir. Cela a durĂ© longtemps, j'ignore si nous sommes passĂ©es par des forĂȘts normales ou par des perturbations limbiques. Elle ne m'a jamais lĂąchĂ©e, quelle que soit la force avec laquelle je me suis dĂ©battue. Quand nous sommes arrivĂ©es, il faisait de nouveau jour [moment = jour] et la chose-souris m'a dĂ©posĂ© dans un ossuaire. Il y avait tellement de fossiles qu'on ne voyait plus le sol ni les racines des arbres [lieu = ossuaire]. Le vent charriait ce qui de prime abord semblait de la neige mais s'avĂ©ra ĂȘtre de la poussiĂšre d'os, qui blanchissait le tronc des arbres. Des crĂąnes et d'autres vestiges Ă©taient accrochĂ©es aux branches avec des ficelles qui m'Ă©voquaient celles du temple de bĂąches plastiques.

Il n'y avait pas un seul de ses ossements qui paraissait animal ou humain. La chose-souris m'avait entraĂźnĂ©e dans ce que je suis obligĂ©e de qualifier de cimetiĂšre des horlas, un endroit oĂč ces aberrations viennent mourir quand leur temps est venu. Des assemblages de chitine et d'exosquelette formaient des mausolĂ©es oĂč s'aggrippaient parfois encore quelques touffes de fourrure. Des colonnes vertĂ©brales et des crĂąnes dĂ©mesurĂ©s formaient comme des stĂšles.

Quelques buissons d'aubépine émergeaient des amoncellement d'os. Ici aussi l'invasion commençait. [Le détail forestier du jour : Buisson / Aubépine / BruyÚre]

Je sens que la chose-souris n'a pas choisi ce lieu par hasard, elle a sûrement quelque chose à me faire comprendre avant de tenter de me faire du mal.

Mon aventure :

[Introspection]

Curieusement, la chose-souris me pose avec beaucoup de précautions. Je me mets à cracher à du sang. On dirait bien que j'ai avalé une aubépine. Cette chose est en train de pousser dans mon corps.

Je ne veux pas crever ici. Je ne veux pas crever aux pieds de la chose qui a volĂ© la tĂȘte de mon amour.

Elle me fixe, et son visage - le visage de Silence - m'offre un sourire d'une grande fixité. Ses yeux ne clignent pas.

"Je t'aime, dis-moi pourquoi tu me rejettes."

Je ne peux pas répondre. C'est trÚs déstabilisant de voir le visage de Silence en train de parler.

"Je suis prĂȘt.e Ă  bien des sacrifices pour que tu m'aimes. Regardes, j'ai sacrifiĂ© mon identitĂ© pour devenir celui que tu aimes. Regardes, je te fais dĂ©couvrir notre cimetiĂšre sacrĂ© qui est un sacrĂ© gardĂ© par les horlas depuis des gĂ©nĂ©rations, un secret qui serait terriblement convoitĂ© par les sorciers humains."

Frrrr.... Frrrrr.... La fée m'a suivi jusque là. Encore une fois, elle a renoncé à sa liberté.

"Je ne comprends pas. Moi, je n'ai fait aucun cas de ton apparence. Je n'ai fait aucun cas que ta confiance était brisée. Je t'ai embrassée et tu m'as rendu ce baiser. Alors pourquoi aujourd'hui me rejettes-tu ?"

La chose-souris a l'air de vouloir que je prenne un temps pour réfléchir.

Mais j'ai peur et je lui en veux terriblement. Je voulais trouver l'ùme soeur et j'ai aujourd'hui l'impression qu'on verse plus de larmes sur les priÚres exaucées que sur les priÚres non exaucées.

[Je renonce à mon réconfort et lance deux dés : j'obtiens les émotions "confiance" et "Contrariété"]

Je lui lance un regard interrogateur.

Ce pourrait-il que cette chose m'aime ? Ce pourrait-il qu'elle fasse tout ça par amour ?

C'est un monstre. Je ne dois avoir aucun doute lĂ -dessus. Elle a tuĂ© Silence, ça aussi j'en suis certaine. Mais j'ai besoin de quelqu'un qui soit prĂȘt aux derniĂšres extrĂ©mitĂ©s pour me protĂ©ger, maintenant que je suis Ă  l'agonie, maintenant que SĂ©rĂšne me donne la chasse depuis le passĂ© et Kinder depuis le futur.

Suis-je prĂȘte Ă  l'aimer ? AprĂšs tout n'a-t-il pas le plus adorable des visages ? Vais-je surmonter mon dĂ©goĂ»t et mon dĂ©sir de vengeance pour m'abandonner Ă  ce que cette relation peut me promettre ? Si lui ne me juge pas, pourquoi devrais-je le juger ? [symbole = beautĂ©]

Je commence Ă  sentir que je peux en rĂ©alitĂ© me fier totalement Ă  cette chose, car elle m'est absolument dĂ©vouĂ©e, elle a lu en moi le meilleur, elle a lu en moi ce que je suis moi mĂȘme incapable de voir.

Je montre le sang qui s'Ă©coule de ma bouche, pour demander de l'aide.
Je fais le signe d'Ă©carter FĂ©e de la main, pour demander de l'aide.

Alors d'un geste trop rapide pour ĂȘtre perçu, la griffe de la chose-souris se saisit de la fĂ©e.
Puis son autre griffe me plaque au sol, et essore le corps de la fée pour que je boive sa pulpe. Je m'attends à quelque chose d'écoeurant comme du sang, mais c'est comme boire à une riviÚre psychotrope, à de la chaleur maternelle, à de l'or liquide.

Et je sens déjà que l'aubépine se résorbe. [Transformation physique]

La fin de la journée :

Je m'allonge contre les ossements. J'ai besoin de ne plus agir pour guérir. Et alors que je sombre dans une semi-inconscience, j'ai une vision du futur.

Un corbeau m'apporte les lettres d'un mystĂ©rieux correspondants. Des lettres romantiques et Ă©rotiques Ă©crites avec du sang. J'ouvre la lettre, et je ressens un mĂ©lange de crainte et d'excitation... [L’historiette du jour : Ma plume saigne de te voir mourir mon amour. Alors cesse de crier et ferme moi
ces yeux.]
Et je me demande si à ce moment, je serai encore sous l'emprise de la chose-souris, ou si je serai tout à fait passée sous l'emprise de cette nouvelle relation épistolaire... [ élément Millevaux du jour : emprise ou transformation]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#10 16 Feb 2019 10:25

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Une dent pour chaque baiser

SEIZE DE MERDIER

Le contexte :

Le lieu : un sous-sol OK

Le moment : la nuit OK

Le climat : le vent OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : l'insécurité OK


Inspirations

Mes symboles : dents, beauté OK

L'élément de Millevaux du jour : les horlas ou les créatures OK

L'historiette du jour : La jeunesse éternelle ? Qu'est-ce que j'en foutrais ? Pour avoir l'opportunité de
souffrir éternellement j'ai déjà c'qui faut. OK

Le détail forestier : Mousse / Sphaigne OK


Le cƓur de la journĂ©e :

L'album :
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S/T, par HKY, un post-hardcore lourd, noir, spatial, Ă  fleur de peau : tristesse, abysse et goudron.

Ce qui m'attend :

J'ai confié à la chose-souris ma peur que SérÚne me retrouve [ce qui me tiraille : l'insécurité]. J'ai toujours peur de la chose bien sûr, d'autant plus qu'elle vient maintenant de tuer la fée alors que je ne lui avais pas demandé, mais je crois qu'elle est incapable de me faire du mal, alors que SérÚne si. Alors nous avons marché et volé et maintenant nous sommes dans une cache des horlas, un réseau de galeries souterraines garnies de mousses et de sphaignes [lieu : sous-sol + détail forestier : mousse et sphaignes]. De grandes cheminées naturelles laissent passer la lumiÚre du jour dans ce que j'ai appelé des clairiÚres souterraines [moment = le jour]. Mais cette lumiÚre permet de voir les habitants, et ce n'est pas pour me rassurer. Choses aveugles, vitreuses ou molles. [élément du jour = créatures ou horlas]. Mais heureusement, mon amant.e semble leur inspirer une sorte de respect, donc je pense qu'elles ne s'en prendront pas à nous.

Jusqu'Ă  quand ?

J'ai des flashes du futur et ça ne me rassure pas. Je me vois étreindre la chose-souris, conquise à mon tour. Ja la vois tenter des choses folles pour me satisfaire : me greffer des dents de monstres en pensant restaurer la beauté qui me manque [symbole : dents, beauté] ou procéder à des sacrifices ignobles pour m'offrir une immortalité dont je ne veux pas. [L'historiette du jour : La jeunesse éternelle ? Qu'est-ce que j'en foutrais ? Pour avoir l'opportunité de souffrir éternellement j'ai déjà c'qui faut.]

Mon aventure :

[Péripétie : Je découvre un passage mais il est gardé]

Durant mon sĂ©jour dans les grottes, j'ai en effet succombĂ© aux charmes de la chose. Le vent s'engouffrait dans les cheminĂ©es et faisait flotter mes vĂȘtements [Ă©lĂ©ment : le vent]. La chose les a dĂ©chirĂ©s de ses ailes membraneuses. J'ai embrassĂ© le visage de Silence. Une liane lui tenait lieu de langue, au dĂ©but j'ai eu trĂšs peur et je me suis laissĂ©e aller. Les griffes de la chose savaient lacĂ©rer ma chair dans les endroits les plus sensibles. Je l'ai laissĂ©e me prendre devant les choses aveugles, vitreuses et molles, et je sentais mon corps heurter la pierre, et je lĂ©chais le cuir de ses ailes, je les mordais quand les sensations Ă©taient trop fortes. Je me souviens avoir lĂ©chĂ© les sutures de racines qui reliaient son corps Ă  sa tĂȘte, je me souviens avoir vacillĂ© dans ses odeurs de kĂ©rozĂšne, je me souviens avoir enfui mes mains dans des cavitĂ©s improbables. Et pendant notre union, j'avais de plus en plus de flashes des choses stupides et abominables qu'il me ferait par amour, comme me greffer des dents de chien ou me faire manger le coeur de SĂ©rĂšne pour me rendre immortelle.

Et la chose s'est endormie. Alors, je me suis levée, nue, et j'ai tenté de fuir.

Je me suis aventurĂ©e dans les grottes, et puis j'avançais plus j'Ă©tais convainque que je me perdais pour toujours dans ses profondeurs, et le vent Ă©tait de plus en plus froid sur mon corps, mais tant qu'il y avait cette brise, c'est que la surface Ă©tait proche. J'ai passĂ© plusieurs clairiĂšres souterraines oĂč les cheminĂ©es n'offraient aucune prise pour l'escalade, je me suis surprise Ă  vouloir crier Ă  l'aide, mais bien sĂ»r je ne pouvais plus crier et de toute façon ça aurait permis Ă  la chose de me retrouver.

Et puis par miracle, j'ai trouvé une cheminée pourvue d'un rustique escalier tournant. Mais il y avait un gardien.

Un ĂȘtre aux dizaines de pattes agrippĂ©es aux parois. Sur son ventre large pulsait une grande bouche garnie de palpes.

Je devais passer mais je n'osai pas écarter de force ses pattes chitineuses, craignant une réaction des plus agressives. Je ne pouvais pas non plus communiquer avec lui car la créature semblait aussi muette que moi. Autour de moi, les choses aveugles, vitreuses et molles commençait à s'agglutiner.

Alors j'ai tentĂ© le tout pour le tout. Peut-ĂȘtre allais-je mourir, mais j'Ă©tais prĂȘte Ă  cette Ă©ventualitĂ©, le jeu en valait la chandelle par rapport aux risques encourus Ă  rester dans le giron de la chose-souris.

Je mis ma tĂȘte dans sa bouche en espĂ©rant que ça me ferait entrer en communication sans finir dĂ©vorĂ©e. Les palpes commencĂšrent Ă  rentrer dans mes oreilles, dans mes narines. Mon crĂąne Ă©tait enduit de fluide salivaire et je ne voyais plus rien. Des arcs Ă©lectriques ont commencĂ© Ă  pulser dans mon cerveau.

Les choses s'approchent.

Je suis nue et sans dĂ©fense. Si j'Ă©choue Ă  nĂ©gocier le passage, je crains le pire. La mort ou un plaisir coupable qui me fera dĂ©finitivement me dĂ©tester moi-mĂȘme ou me fera quitter l'humanitĂ© pour une condition nouvelle et plus forte, sans limite morale ou physique. [Mon but : nĂ©gocier le passage. J'ai aussi dĂ©fini les consĂ©quences nĂ©gatives et positives de l'Ă©chec]

Les choses m'effleurent.

C'est ainsi, je suis en plein de commettre un acte dĂ©sastreux simplement parce que je suis amĂšre, que je ne sais plus faire confiance, que je ne veux plus transiger, que je ne veux plus me livrer, je me livre encore pourtant d'une pire façon. [pour obtenir un +1, je mets en jeu mon vice : mon amertume peut me pousser Ă  commettre des choses dĂ©sastreuses. J'obtiens 2+1 = 3 ; un prix Ă  payer = perdre la vertu qui est sur ma feuille de personnage, en l'occurence : "je suis prĂȘte Ă  me donner corps et Ăąme."]

Le gardien entre dans mon esprit. C'est une intrusion aussi languide et glissante qu'insupportable. Il est prĂȘt Ă  me laisser passer, mais je dois lui ouvrir mon Ăąme. Il veut tout savoir de moi. Alors pour qu'il m'ouvre sa porte, je lui ouvre la mienne. Ses palpes s'aventurent dans toute ma psychĂ©, dans ce qu'il reste de mĂ©moire, et mĂȘme s'insinue dans le cimetiĂšre de mes souvenirs perdues, dans la forĂȘt de mes pensĂ©es, de mes rĂȘves et de mes espoirs, alors que les choses vitreuses, aveugles et molles glissent le long de mon corps, avides de ma chaleur. C'est une connexion absolument totale, un abandon de moi-mĂȘme que je n'ai jamais connu, et il faut que ça soit avec cet immonde dĂ©cipĂšde !

Enfin son étreinte se resserre, et j'en ressors vidée, fatiguée, transie. Il rampe le long de la paroi, me laisse enfin passer. Je monte les marches bancales aussi vite que me le permettent mes jambes ramollies, les choses veulent me suivre mais elles sont encore moins rapides que moi. Plus jamais, plus jamais, je ne me livrerai à qui que ce soit. Plus jamais je n'offrirai de la sorte ni mon ùme ni mon corps.

Le réconfort :

Enfin j'arrive à la surface. Le vent qui coule entre les arbres sur ma peau me fait me sentir vivante. Je m'allonge un moment. Je respire, je sens ma respiration. C'est fini. J'acceuille ce qui m'a toujours guérie : l'oubli. Je l'appelle de mes voeux, lui qui apaise mon esprit.

La fin de la journée :

Maintenant je suis libre. Ou alors ? Et si la chose-souris n'avait pas prémédité tout cela ? Si tout cette épreuve n'entrait pas dans un de ces fantasmes tordus ? Si elle m'avait laissée m'enfuir à dessein, pour le simple bonheur de me donner la chasse ?


Auteur de Millevaux.
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